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27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 09:51

 

Mille grains d’or

sous le soleil.

Mille et un corps

dans un sommeil.

En rangs serrés

longues spirales

les grains dorés,

vies sidérales.

 

Le fleur est comme

un champ d’étoiles,

panier de pommes,

course de voiles

dans l’Océan

de sa corolle

au long du temps

d’une parole.

 

La fleur étale

tous ses rayons

tous ses pétales

comme un lion.

L’or flamboyant

de sa crinière

c’est l’Océan

de l’Univers.

 

Pierre Thiollière,, Castelnaudary, 27 janvier 2022

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27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 09:47

 

Le bleu de l’eau gâté par un relent de chlore

agite le reflet d’un bouleau dégarni.

Une fille élabore un charme que renie

le gauche déhanché candide de son corps.

 

Un jeune homme au teint blanc nageotte sur le bord,

rêvant de sable d’or en des climats bénis,

de nymphe de Floride ou de Californie

ou de vahiné nue qui s’offre et qu’on adore.

 

Troublé par l’âcre odeur de merguez qui grésille

et par l’ambre solaire autour des reins des filles,

il tente d’oublier l’acné adolescent.

 

Malgré les rires gras des amateurs de bière

et les disques vieillots que l’on écoute braire,

au bord de la piscine il rêve d’Océan.

 

Pierre Thiollière, Garrigues, 14 décembre 2021

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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 22:19

 

Oui, la cane de Jeanne

est morte ce matin.

Le Bon Dieu ait son âme.

Mais Jeanne ? Que devient

sa vie de pauvre femme ?

Brassens n’en dit rien.

Le soir, près de la flamme,

est-elle mal ou bien ?

Á quoi pense la dame ?

Où sont allés les siens ?

Jeanne, la pauvre Jeanne,

peut-être se souvient

de ce jeune homme infâme

qui lorgnait sur ses seins

entre deux coups de rame

sur l’eau du grand Bassin.

Il venait de Paname

où sont les Parisiens.

Mais ce n’était qu’un âne,

un voyou, un vaurien,

et d’un grand coup de canne

tu lui battis les reins.

 

Mais tu l’as dans le crâne

ce joli faux marin.

Lorsque baisse la flamme

c’est ton cœur qui s’éteint.

 

Pierre Thiollière, Castelnaudary, 24 novembre 2021

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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 22:17

 

« L’été » de Romain Weintgarten.

Deux chats devisent sur la scène.

L’un d’eux est une chatte grise

qui s’appelle Moitié Cerise.

L’autre se nomme Grandeur d’Ail.

Le soleil chauffe les murailles.

Mais à la Fontaine aux Brebis

le Commandeur soudain surgit

qui voudrait violer Laurencia,

la belle que l’amour lia

à son fier berger Frondoso.

Pour éviter l’ignoble assaut

contre son amoureuse en pleurs

le berger tue le Commandeur.

Le roi va juger mais voici

qu’un autre roi vient par ici :

Ubu, qui crie « Cornegidouille ! »,

oui, Ubu, le mangeur d’andouilles !

Il massacre ceux qu’il attrape

et les fait tomber dans sa trappe.

Mais voilà Maître Puntila,

pris de vin, qui passe par là,

parlant à son valet Matti.

Je ne sais d’où ils sont sortis.

Mais Lorca bientôt les efface :

Léonard, touché par la grâce

de son ancienne fiancée

à qui il n’a pas renoncé

l’enlève le jour de ses noces.

Les couteaux frapperont, féroces,

poussés par un amour puissant

dans la nuit des Noces de Sang.

Roméo tremble pour Juliette.

Ophélie se meurt pour Hamlet.

Œdipe au lit avec sa mère

sait-il qu’il a tué son père ?

L’Avare appelle sa cassette.

Rodrigue bientôt perd la tête

et se jette aux pieds de Chimène.

Alceste voudrait Célimène.

Andromaque regrette Hector,

l’homme qu’elle aime et qui est mort.

Tout s’embrouille dans ma cervelle

et les gens de la vie réelle

s’entremêlent aux personnages

de tous les temps, de tous les âges.

Je suis emporté dans la ronde

tragi-comique de ce monde.

 

Pierre Thiollière, Castelnaudary,

3 novembre 2021

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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 22:09

 

Dans le ciel d’octobre

les nuage sont sobres.

Quand le vent les peigne

on sent bien qu’ils retiennent

leurs tuyaux de douche

pour que ne s’effarouche

le vide-grenier

de Cenne Monestiés.

 

Car il sont curieux

de voir la boîte à jeux,

la plaque à boutons,

les petits chapeaux ronds,

la pelle à gâteaux,

la paire de ciseaux

et la pince – aïe !

pour tuer les volailles !

 

l’étui à seringue

et la plaque à meringues,

le pèse-bébé

et la canne à pépé,

le vieux brasero

pour quand il fait zéro

et les souris roses

debout qui font la pose,

 

la petite table

au tiroir plein de sable,

le joueur de foot

à côté de sa coupe,

une horloge-chouette,

une cible à fléchettes,

ce croc en ferraille

pour tuer les volailles !

 

des souliers d’enfant,

un buffle, un éléphant,

des porte-manteaux,

des piles de chapeaux,

un petit ours brun,

des tableaux africains,

d’un ptérodactyle

le squelette gracile,

 

 

une fourche à foin

et un vieux serre-joints,

un grand étendage

et des livres d’images,

quatre casseroles,

une lampe à pétrole

et la pince –aïe !

pour tuer les volailles !

 

Les gens déambulent,

un enfant fait des bulles.

On salue ses potes

et les dames papotent.

On n’est pas mouillé :

le ciel a eu pitié

du vide-grenier

de Cenne Monestiés.

 

Pierre Thiollière, Garrigues,

4 octobre 2021

 

 

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30 septembre 2021 4 30 /09 /septembre /2021 09:15

 

C’était deux jolies péniches

qui voguaient sur le canal.

Leurs robes n’étaient pas riches,

leur décor plutôt banal.

 

Elles nageaient de concert

dessous l’ombre des platanes

et se reposaient l’hiver

près des canards et des canes.

 

L’une était plus masculine

et portait avec fierté

le nom du grand guerrier Cid.

C’était pure vanité.

 

L’autre était plus féminine

et s’appelait Rocambole.

Elle avait l’âme plus fine.

Ne manquait que la parole.

 

Lorsque le long de la coque

le canal chante tout bas

leurs deux cœurs dansent le rock

et voudraient avoir deux bras.

 

Et quand le soleil s’enfuit

Rocambole et Cid là-bas

s’embrassent-ils dans la nuit

quand le ciel ne les voit pas ?

 

Pierre Thiollière, 29 septembre 2021, Castelnaudary

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30 septembre 2021 4 30 /09 /septembre /2021 09:09

 

Au ventre du musée, dans la demi-lumière,

un jeune homme arrêté regarde, fasciné,

les corps en liberté qui vivent sur la toile.

 

Il refuse de voir, sur sa gauche, à l’écart,

ce dieu qui veut dicter la voie du bon amour

et qui tient par la main cette Ève, épouse unique,

offerte au jeune Adam dont le corps s’alanguit.

 

Dans l’angle mort de son regard, à droite,

l’Enfer noir et glacé tente de l’avertir

pour trancher dans le vif l’envol de ses désirs

à grands cris de couteaux et de membres griffus.

 

Ni passé ni futur, cet homme ne veut voir

qu’un éternel présent fait de jeunesse nue

où se mêlent les chairs roses des amoureuses

et l’ébène des corps des sveltes amazones

dans la saveur des fruits et la fraîcheur des lacs.

 

Et le garçon s’envole, immobile pourtant.

Il chevauche un griffon aux ailes vaporeuses.

Il est branche feuillue où se déploie la sève.

Il est poisson d’argent qui nage au ciel bleuté.

 

Au centre du tableau, les fleurs, les papillons

offrent leur volupté à l’homme ensorcelé

et les baigneuses nues dans le bassin rieur

lui promettent l’amour et l’innocent plaisir.

 

Du coin de son œil droit il ne voudrait pas voir

les flèches ni le feu, ni les empalements,

ni les dévorations, ni les défécations.

Seul compte le présent, la vie multiple et rose

qui s’offre à son désir encore adolescent.

 

Il ne veut pas savoir quels déluges l’attendent.

Il ne veut pas goûter l’amour d’une Ève unique

offerte à cet unique Adam. Il ne veut rien

savoir sur ce serpent enroulé dans les branches.

 

Car son regard gourmand embrasse les bouquets

délicieux de ces corps debout près des fontaines,

les banquets sensuels de chair blonde et d’arbouses.

Jérôme Bosch l’emporte en un monde idéal

où filles et garçons demeurent toujours jeunes,

ignorent le péché et vivent seulement

de sexe et de paresse et d’autres gourmandises

qu’offre éternellement le Jardin des Délices.

 

Pierre Thiollière, Garrigues, 8 septembre 2021

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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 16:19

 

 

C’était une salle plus gaie.

Tu portais une robe blanche.

J’étais vêtu comme un dimanche.

Marianne nous souriait.

 

Sur le grand livre où tu signais

je revois ta main qui se penche

et la larme à ton œil pervenche

quand la bague au doigt se glissait.

 

Les enfants qu’on avait rêvés,

chacun voudrait les enlever,

farouche comme un animal.

 

Tu as mis une robe noire

pour mettre fin à notre histoire

dans la salle du tribunal.

 

Pierre Thiollière, Garrigues, 16 juillet 2021

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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 16:03

 

J’ai rêvé…

 

d’un radeau sous la lune bise

glissant sur la noirceur du lac.

On entendait comme un ressac

au loin contre la rive grise.

 

Dans la tiédeur de la nuit brune

tu me donnais ta main diaphane.

Ton corps était comme une liane,

comme un envoûtement de lune.

 

Nous étions debout. Nos regards

fuyaient au loin car nous savions

que l’aube pâle où nous allions

dissoudrait nos spectres hagards.

 

Si mes yeux mordaient dans ta bouche,

tissée à la trame des songes,

l’eau si noire, comme une éponge,

dévorerait ton corps farouche.

 

Je rêvais sous la lune bise

d’une amour qui m’était promise.

 

Pierre Thiollière, Castelnaudary, 26 août 2021

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8 juin 2021 2 08 /06 /juin /2021 15:57

 

Chercher l’air

l’air des forêts, l’air de la mer

l’air qui me trotte dans la tête

cet air où muse un air de fête.

 

Chercher l’air

l’air ancien que chantait ma mère

l’air joyeux que sifflait mon père

qui sentait bon l’herbe et la terre.

 

Chercher l’air

l’air chaud des villes andalouses

l’air froid de la neige l’hiver

l’air du sud parfumé d’arbouses.

 

Chercher l’air

les lourds parfums dans la resserre

l’odeur de l’encens dans la crèche

l’air épicé de Marrakech.

 

Chercher l’air

l’humidité de la rizière

ou le souffle chaud du désert

l’air des marais au goût amer.

 

Chercher l’air

avant que notre chair s’essouffle

respirer fort les joies dernières

chercher l’air jusqu’au dernier souffle.

 

Pierre Thiollière, Conques sur Orbiel, 7 juin 2021

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